Etes-vous libres de fumer?

La réponse qui vient immédiatement à l’esprit est : « bien sûr que je suis libre de fumer« .
Sans doute.

Mais si je vous pose la question autrement : êtes-vous libres de vous arrêter de fumer ?
C’est probablement une autre paire de manche, même si vous pensez pouvoir le faire, quand vous l’aurez décidé.

C’est théoriquement vrai, dans la mesure où les différents traitements proposés ne peuvent opérer, comme tout le reste d’ailleurs, que si nous l’avons décidé au fond de nous, et pas parce qu’il le faut, pour X ou Y raison.

Vous avez sûrement constaté que, s’il le faut, en général, ça ne marche pas, ou pas longtemps. Le résultat n’est pas satisfaisant pour nous. Ce pourquoi nous fumions n’étant pas réglé pour autant…
Nous verrons ce qui se passe dans ce cas la un peu plus tard.

Combien d’entre nous mettent leur affirmation d’arrêter en application ?
50 %, 20 %, 5 % ?  Moins?

J’ai moi-même arrêté de fumer à plusieurs reprises et, avant de passer à l’acte la première fois, j’ai répété pendant des soirs et des soirs: « demain j’arrête« .
Cela vous rappelle t’il quelqu’un que vous connaissez bien?
En ce qui me concerne, le lendemain, je reprenais ma première cigarette, ma deuxième et c’était reparti pour une journée et pour mon paquet, seulement les jours où les soirées ne se prolongeaient pas trop.
Là, je me retrouvais tellement saturé de fumée que j’avais du mal à l’avaler. Faut le faire.
Avoir du mal à avaler quelque chose dont il est difficile de trouver plus léger.

Et malgré tout, un jour, je devais être mûr pour cela, j’ai arrêté spontanément, sans aucune aide extérieure.
Bien sûr, j’aurais préféré être capable de me restreindre et ne fumer que les cigarettes véritablement plaisir. Mais comme je ne l’étais pas,  et ne le suis probablement pas encore aujourd’hui, je pensais que la cigarette était finie pour moi.

Ce fut le cas pendant une dizaine d’années, avec des envies qui revenaient de temps à autres. Surtout en vacances, après un bon repas avec des amis qui, pour la plupart d’entre eux, fumaient.
Je vivais ça plutôt bien et, un jour en Touraine, sous un figuier, je me suis dit que décidément, c’était quand même dommage de me priver de ce plaisir.
J’ai donc demandé à ma voisine, de me passer sa cigarette. J’ai tiré une taf ou deux. Elles ne m’ont pas plu du tout et… je la lui ai rendue illico presto au lieu d’insister et de…

Justement, une autre fois, je n’avais pas touché à une cigarette depuis des années. J’étais en Suisse avec un copain et de temps en temps on s’ennuyait un peu.
Un soir dans un bar, je lui ai demandé une cigarette qui ne m’a pas paru bonne du tout mais, « courageusement » je l’ai fumée jusqu’au bout.
J’en ai pris une deuxième, une troisième et ce fut reparti pour un tour qui a duré quelques années.
A un certain moment, j’ai décidé à nouveau que ça suffisait d’être dépendant psychologiquement. Je sentais aussi profondément que mon corps n’appréciait pas non plus ce genre de « fantaisie ».

Des années passèrent sans tabac et un jour, à l’occasion de mon anniversaire, j’ai eu envie de me faire plaisir, d’aller contre les règles établies même si c’est moi qui les avais fixées. J’ai repris une cigarette, deux cigarettes etc.
Peu de temps après, je suis parti en province pour travailler beaucoup, beaucoup. C’est vrai que le fait de fumer m’aidait à tenir le coup. Enfin, je le croyais.

De retour dans la région parisienne, je me suis aperçu que jamais je n’avais fumé autant et, fait complètement nouveau pour moi, le matin au réveil, je ne pensais pas à mon programme de la journée, à mon petit-déjeuner ou à quoi que se soit d’autre, mais seulement à allumer ma première cigarette.

Moi qui recherchais le plus possible à me libérer des contraintes d’où qu’elles viennent, j’étais servi. J’ai donc décidé de m’arrêter, et je l’ai fait.

Ceci remonte maintenant à 7 ou 8 ans.

De temps en temps je dis que je me remettrai bien à fumer mais je ne le fais pas, car au fond, je sais que ce n’est pas bon pour moi.
J’ai, par ailleurs de moins en moins de vide intérieur, donc rien à combler, que ce soit par de la fumée ou par un excès de nourriture.

Est-ce à dire que le fait de fumer correspond à un état de manque ?
C’est souvent le cas, n’est-ce pas ? Mais ce n’est évidemment pas, la seule raison.
L’habitude et les gestes associés peuvent traduire un certain malaise, voire un certain plaisir et quelquefois les deux.
C’est peut-être aussi pour faire comme les copains ou affirmer sa différence, voire son opposition à l’autorité quelle qu’elle soit : parents, médecins pour ne citer qu’eux. Mais cela peut également signifier que nous nous mettons au-dessus des lois et, notamment celles de la vie. Je pense notamment aux adolescents.

Bien sûr vous n’êtes pas certain de vous retrouver avec un cancer ou autres « joyeusetés ». Mieux, ou pire si vous préférez, le fait d’arrêter dans certaines circonstances peut vous permettre de développer d’autres maladies du genre : ulcère à l’estomac ou infarctus. Des médecins l’ont constaté bien des fois.

De plus vous trouverez toujours des gens qui ont fumé pendant toute leur vie sans problème.

Alors, si nous revenions à notre question du début, vous vous souvenez?
Etes- vous libre de fumer ?

Bien sûr, vous êtes toujours libre, car vous comme moi, le sommes profondément et nous y aspirons tous, même si ce n’est pas toujours par le chemin le plus court.
Donc, rien ni personne ne peut nous dicter notre conduite.
C’est nous, et nous seul qui décidons de suivre ou de ne pas suivre telle ou telle voie, tel ou tel conseil.

Qu’est ce que je veux entendre?

Il est cependant important de se demander, si c’est véritablement nous qui décidons de manière complètement libre ou, si nous sommes agis par quelque chose ou par quelqu’un à l’intérieur de nous, qui n’est pas nous.
Je m’explique.
Si j’ai un vide intérieur, je vais vouloir le remplir. Le problème est que c’est sans fin, comme le tonneau des Danaïdes que l’on remplit et qui se vide au fur et à mesure.
Au moins le temps que je n’ai pas réglé mon mal-être initial.

L’autre question était : êtes-vous libre de vous arrêter?
Ma réponse est oui, même si c’est loin d’être facile.
Alors comment faire?

Sûrement en choisissant le bon moment.
Si vous êtes dans une situation difficile ce n’est pas le moment de vous arrêter sauf, bien que ce ne soit pas gagné d’avance, si vous avez décidé d’en profiter pour changer toute votre façon de fonctionner. Vous choisissez d’être à l’écoute de vos besoins véritables.

La vie qui est souvent bonne fille quand nous le sommes avec elle -je veux parler de la vie en nous-, nous permet de rencontrer à l’extérieur ce que nous cherchons à l’intérieur comme bonnes choses.

Mais si ce n’est pas le moment pour vous, écoutez plutôt.
Une patiente m’a raconté qu’elle était allée voir un médecin pour arrêter de fumer.
Ce médecin pratiquait l’auriculothérapie, c’est-à-dire l’acupuncture au niveau de l’oreille, avec d’excellents résultats. Elle s’arrêta donc de fumer, comme elle l’espérait.

For de ses résultats, elle décida d’entraîner son mari, fumeur impénitent et bronchiteux chronique, dans la même aventure qui lui avait si bien réussi.
Ce mari apparemment docile, s’y rendit pendant plusieurs séances sans aucun, ou si éphémères résultats.
Pourtant le médecin y mettait toute sa science et toute sa conscience professionnelle.
Il finit cependant par confier à son ex-patiente qu’il valait mieux pour l’instant, et pour cet homme en particulier qu’il ne cherche pas à continuer à vouloir s’arrêter de fumer. « Cela pourrait avoir des conséquences physiques et psychologiques fâcheuses ».

Comme quoi, rien n’est simple quand il s’agit de l’être humain. Il ne se laisse enfermer dans aucune chapelle, d’où qu’elle vienne. Nous sommes viscéralement libre. Avec les conséquences de nos choix mais, même ces conséquences la, ne sont pas garanties.

 

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Un commentaire

  1. Marie dit :

    J’aime bien comment tu en parles, c’est léger et profond à la fois… ça parle forcément à tout le monde.

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